INTERVIEW RADIKAL MC aka ERREMSI N° 3 par Virginie (Mix’In Arts)

Bonjour Radikal Mc aka Eremssi, comment vas tu et peux tu nous faire une rapide présentation?

Je me porte très bien, merci. Pour ce qui est des présentations, je suis rappeur de la banlieue parisienne sous le pseudonyme Erremsi, anciennement Radikal MC. J’ai sorti un Ep en 2010 (Maturité), deux mixtapes en 2012 et 2013 (Kicktape Vol1 et Vol2), mon premier album « lever l’encre » en 2015 et une réédition acoustique « Lever l’encre 2.0 » en 2016.

 

J’ai d’abord envie de savoir pourquoi ce changement de pseudo ?

Plusieurs raisons.
J’avais adopté ce pseudo quand j’ai commencé le rap en 99, j’avais 10 ans et c’était en référence au fameux magazine « Radikal » parce que j’étais assez calé sur ce qui sortait. J’ai grandi avec un rap assez engagé et c’était cette vision que j’avais. Aujourd’hui ça a un peu changé, j’essaie d’être plus intimiste, léger, spontané sans perdre cette volonté de passer des messages. J’ai juste compris qu’on peut le faire sans être « révolté ».
Donc à part pour les quelques passionné(e)s qui captent le lien, mon pseudo est dépassé. Dépassé dans ma conception de ma musique mais surtout dépassé par ce que le mot « radical » est devenu avec le climat social et politique actuel. Inutile de te faire un dessin, ce pseudo peut faire peur. Inutile de se rendre la tâche de partager sa musique plus difficile.
Et puis au fond… Erremsi, c’est simplement les initiales de Radikal MC (RMC) écrit phonétiquement, c’est une continuité.

 

Puis commençons par tes débuts, tout le monde ne le sait peut être pas mais tu as commencé très tôt ta carrière et avec de belles têtes d’affiche, tu as entre autres, à seulement 15 ans, fait les premières parties de Sinik, 113, LIM, Yousoupha, L’ Skadrille…comment les as tu rencontrés et quels souvenirs gardes tu de tout ça ?

Oui, j’ai eu la chance de commencer très tôt. En groupe d’abord, puis ensuite en solo à partir de mes 16 ans. Toutes ces premières parties étaient surtout dûes au fait qu’il y avait beaucoup de festivals de cultures urbaines dans mon coin et ça permettait à tous les jeunes de se montrer. On a été là, au bon moment pour en profiter et ça nous a formé de s’approcher de ce qui se faisait de mieux à l’époque. On analysait tout avec nos yeux rêveurs, leur façon de faire, leur rap, leur crew, leur attitude avec le public. Les souvenirs que j’en garde sont très bon mais je regrette qu’il n’y ai plus autant de concerts et festivals de ce type…

 

Puis tu as ensuite tourné avec ton groupe « La Falt » avec Croma puis ensuite en solo avec ton premier EP « Maturité » qui t’a fait connaitre du grand public, notamment avec ta chanson « Les Signes » (j’en profite pour te dire que c’est une de mes chansons « coup de coeur », et ta prestation aux Francofolies, en présence de tes parents est juste magique 🙂 ), comment c’est passé ce passage de groupe à solo, comment l’as tu vécu ?

Tu sais, Croma et moi on se connait depuis la maternelle, on a fait nos classes ensemble et nos chemins se sont naturellement fait parce qu’on avait des visions de la musique différentes. Mais il n’y a jamais eu de soucis, je lui ai et lui souhaiterai toujours le meilleur. Honnêtement, passer en solo ça permet de faire ta musique comme tu l’entends et c’est cool. Faut juste travailler deux fois plus. Mais jusqu’au EP Maturité, je ne m’étais jamais trop donné pour la musique. On était jeune, c’était l’école et le sport avant tout.

 

Tu le dis régulièrement, et on ne peut que le comprendre, en tant qu’artiste bien sûr,mais aussi en tant que fils de parents sourds, les mots ont encore plus d’importances pour toi que pour n’importe qui d’autres, du coup on aimerait en savoir un peu plus sur ta façon d’écrire et est ce que tu penses que le faite d’avoir grandi avec la surdité de tes parents joue dans ta façon d’écrire

Pouvoir se parler est une chance c’est sûr. Maintenant, ça ne m’empêche pas de communiquer avec mes parents. J’ai une langue maternelle qui est la langue des signes et elle est magnifique aussi. Il est évident que ça a influé sur ma façon d’écrire parce que plus jeune, je me répétait sans cesse, « écrit comme si ta mère allait t’entendre ». Mais je pense que ce truc peut fonctionner pour n’importe qui, handicap ou pas.

 

Il y a ensuite eu tes deux mixtapes « Kicktape 1 et 2 » mais surtout la sortie de ton premier album « Lever l’encre » en 2015 puis l’ Ep acoustique « Lever l’encre 2.0 » en 2016, pourquoi ce titre et comment as tu choisis le thème de ton album?

Les deux mixtapes était un moyen de combler le retard qu’on avait pris sur l’album annoncé initialement en 2012, tout en affutant mon style avec des exercices de styles. Et puis après avoir jeté pas mal de titres, « Lever l’encre » est sorti en 2015. J’avais aimé ce titre parce que c’était une belle image, s’élever via l’écriture, faire voyager ses mots.

 

On peut aussi se rendre compte sur ton album, que tu as choisis quasiment un beatmaker différent pour chaque son, alors que d’autres préfères travailler avec le même, c’est un choix de ta part ou juste des coups de coeur pour leur instrus ?

Oui c’est ma façon de travailler. Je n’écris qu’après avoir accroché sur une prod. Quand je n’ai pas de prods, je n’ai pas de textes. J’aime bien avoir plusieurs vibes, énergies donc autant aller chercher directement plusieurs personnes !

 

 

 

Tu as depuis quelques temps mis en place un nouveau et super projet, c’est de rendre tes concerts accessibles aux publics sourds grâce à la co-interprétation LSF en chansigne avec Laëty Tual (que l’on avait d’ailleurs déjà pu voir lors de ton passage aux Francofolies en 2011), on comprends de suite comment et pourquoi t’es venus cette idée mais comment avez vous réussi à la mettre en place, je veux dire par là, avez vous rencontrés des difficultés pour la traduction en LSF de tes paroles et comment les salles de concerts et le public accueillent ils cette nouvelle façon de présenter un concert ?

Ce n’est pas elle aux francofolies lol. C’était une amie qui était sur scène avec moi.
J’avais rencontré Laëty aux francofolies parce qu’elle y jouait avec un autre groupe et on s’était dit qu’un jour on bosserait ensemble. C’est elle qui a permis cela, en me proposant de jouer avec elle pour le festival HIPOPSESSION de Nantes en 2016. On a donc décidé de co-inteprêter les titres de l’album « Lever l’encre » et de défendre nos deux cultures sur scène, rap et chansigne.
Mettre ça en place a été compliqué, parce qu’on habite pas au même endroit. Il y a donc beaucoup de travail à distance via skype et des vidéos, quelques jours de résidence juste avant notre première date et on avait quelque chose qui tenait la route. Elle a énormément donné, parce qu’elle a du transposer tous mes titres un par un avant qu’on puisse les travailler ensemble. Un énorme travail.

 

 On peut aussi voir que tu as fait beaucoup de concerts avec des artistes connus comme Specta (dont tu as été backeur sur « Once Upon A Time Dark Story »), Vicelow, Khondo…comment les as tu rencontrés et envisages tu d’autres collaborations avec eux ou avec d’autres artistes prochainement ?

Je ne saurais te dire ce qui me lie réellement à tous ces gens à part du respect mutuel. Je suis backeur de Specta depuis 2011 en effet. J’ai la chance d’avoir fait des bonnes rencontres dans la musique, de gens simples comme eux et bien intentionnés. La plupart sont des gens que j’ai écouté étant plus jeunes, ou de ma génération dont je respecte le travail et être à leur côté par ci par là c’est formateur.

 

On a d’ailleurs envie de connaitre quels sont tes influences musicales ?

Il y a le rappeur et l’auditeur. L’auditeur est influencé par Common, Jay Z, Talbi Kweli, Slum V, Saian Supa, IAM, Lunatic, Diam’s, Ideal J entre autre.

L’auditeur écoute entre 15 et 20 albums par semaine. Et j’écoute de tout, sauf du Raï, du Hard Rock et du Zouk (Rires).

 

Et on aimerait aussi savoir quel serait l’ artiste avec qui tu rêverais de collaborer ?

Henri salvador ou John Mayer (Rires).

 

Quels sont tes projets à court et à long termes ?

Une série de EP’s pour commencer à bâtir quelque chose sous le pseudo ERREMSI. Continuer les concerts ave Laëty et grandir avec tout ça.

 

Des dates de concerts prochainement ?

Nantes le 3 juin pour RDV HIPHOP avec Laëty, Dijon le 18 juin avec Laëty, Bagneux le 1er juillet en formule classique.

 

Comme les autres on aimerait connaitre ton avis sur le Hip Hop d’ aujourd’hui, ton meilleur son pour 2017 et le pire ?

Question bien vaste. Je pense simplement que le hip hop a besoin d’être défendu, qu’il ne tient qu’à nous de faire la musique qu’on veut entendre et surtout la soutenir. C’est bien mieux que d’en débattre.
Pour mon meilleur son rap 2017 : One In Rotation – Little Simz (Certes l’album est sorti avant mais je ne l’ai écouté qu’en 2017 – Rires)
Et le pire, je le garde pour moi. Les trucs drôles faut les garder.

 

Un ou une artiste que tu as envie de nous faire découvrir ?

Shakka, artiste anglais.

 

Ton mot de la fin ?

One love !

 

Merci Radikal Mc Aka Erremsi

 

Crédits Photos: Koria

propos recueillis par Virginie (Mix’ In Arts)

 

CLIPS RADIKAL MC aka ERREMSI:

 

 

 

Pour plus d’infos: https://www.facebook.com/ErremsiMusic/

 

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